Externalisation, offshore, bestshore, nearshore et chômage

Actualité de l'externalisation et de l'offshore sous ces aspects économiques, pratiques et juridiques. Actualité des plans sociaux, annonces de licenciements etc.

jeudi 14 mai 2009

Pourquoi la relocalisation ?

Risc Groupe vient de faire l'expérience d'une relocalisation de son call center jusqu'alors offshorisé en Roumanie puis au Maroc. Coûts 30% moins cher lorsqu'on ne prend pas en compte les coûts induits :

  • déplacement du personnel,
  • frais de formation,
  • turn-over important chez le prestataire => qualité non constante de la prestation,
  • problèmes de langages, de compréhension, des subtilités de la langue;
  • ressenti négatif des clients (20% de clients mécontents aux enquêtes qualité-service);


Le Directeur Commercial ne tarit pas d'arguments contraires sur les expériences passées de sa société.



Fin 2008, Risc Group a donc fait le double saut, relocalisation et réinternalisation de son call center. Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé : externalisation chez de grands acteurs internationaux, en France, en off-shore. Rien n'y a fait, la qualité d'un prestataire est toujours inférieure à ce que souhaiterait le Directeur Commercial.

Opération qui prend tout son sens lorsqu'on sait qu'elle s'effectue à l'heure où Risc Groupe essuie un profit warning et d'autre part est mis en cause dans ses pratiques commerciales.

Par contre opération a priori isolée. Vu de l'autre côté de la Méditerranée, on pense que la relocalisation de Risc Group est plutôt destinée à cacher l'incapacité du management à fidéliser sa clientèle.

Le Maroc ne semble pas considérer cet exemple comme annonciateur d'une vague plus importante, au contraire. La loi Chatel renchérit le coût des hotline et centres d'appel. Afin de continuer de faire fonctionner ces services à coûts constants, les entreprises, qui ne pourront plus surtaxer les hotlines vont devoir les délocaliser : au Maroc on se frotte les mains.

Des industriels ont également fait ce choix. Les arguments sont d'un autre ordre :
  • problèmes de copies illégales;
  • coûts de transport en augmentation (prix de l'énergie)
  • problèmes de qualité, de respect des cahiers des charges;





En savoir plus ... :


Article - La Tribune - 8 janvier 2009Relocalisation à Orléans - La Tribune 8 janvier 2009




mardi 7 avril 2009

La séquestration des patrons comme arme sociale

Externalisation, outsourcing, ventes, plans sociaux, retraite dorée ont échaudé la vision qu'ont les français de leurs patrons. A tel point que l'actualité est parsemée d'incidents entre salariés et patrons momentanément 'retardés' selon les formules ampoulées des communiqués de presse des sociétés concernées. Le retard se transforme parfois en séquestration sous sa forme la plus dure : la privation de la liberté de circulation.

Ce fut le cas chez Caterpillar à Grenoble avec pour objectif de « retenir les cadres jusqu’à ce qu’ils ouvrent un comité d’entreprise » selon une déclaration faite à l’AFP par Benoît Nicolas, délégué CGT.

Pour 3M, la situation est plus radicale : «Avec lui, nous tenons notre monnaie d'échange», a déclaré François Caparros, délégué syndical FO. «Si nous le lâchons sans rien en échange, nous nous ferons rouler».

Chez Sony France dans les Landes, l'ambiance est plus décontractée, mais le patron a quand même passé une nuit dans son usine. «On aurait certainement pu économiser une nuit de séquestration, mais je suis heureux qu'on ait pu obtenir un accord sur les conditions dans lesquelles les salariés quitteront la société», a déclaré le PDG, Serge Foucher, à l'issue de la signature de l'accord.

François-Henri Pinault est resté bloqué pendant une heure dans un taxi à proximité du 164, rue de Javel (XVe arrondissement) où se tenait la réunion vers 18 heures d'un comité de groupe européen. Ce n'est que dégagé par la police qu'il a pu poursuivre son chemin.

Ce qu'on peut noter au travers de ces quelques exemples qui ne sont que des faits divers, c'est la multiplication des actions de radicalisation des conflits sociaux. Par ailleurs cette radicalisation est approuvée en silence si ce n'est appuyée ouvertement par une part grandissante de français.

Alors que les cas se multiplient, la radicalisation s'opère dans les esprits rejetant la crise comme bouc émissaire destiné à masquer des décisions plus motivées par l'appât du gain que par une gestion saine et responsable des comptes de l'entreprise. Preuve en est ce sondage effectué par CSA/LE PARISIEN/AUJOURD’HUI EN FRANCE les 1er et 2 avril 2009 où 45% des français interrogés, toutes tendances confondues, trouvent acceptable la méthode consistant à séquestrer le PDG ou les cadres dirigeants. Parmi les groupes enclin à approuver la méthode on trouve :

  • les sympathisants Modem acceptent à 49% devant les sympathisants de gauche acceptent à 48%;
  • les ouvriers acceptent à 56%, les cadres supérieurs rejettent à 59%;
  • la tranche 40/49 ans accepte à 53% alors que les jeunes de 18 à 24 ans refusent la méthode à 62%;
  • les chômeurs acceptent à 52%;
  • les personnes issues d'un niveau d'étude au BEP/CAP acceptent à 46% alors que les étudiants refusent à 59%;
  • la proximité à l'extrême gauche accepte à 58% alors qu'à l'UMP on est contre à 68%;
  • la région du Sud-Est accepte à 52%.





En savoir plus ... :

L'Humanité - Salariés licensiés, patrons séquestrés - 26 mars 2009L'Humanité - Salariés licensiés, patrons séquestrés (26 mars 2009)


Le Point - Interview : séquestration de patrons, le contexte subversif - 27 mars 2009Le Point - Interview : séquestration de patrons, le contexte subversif (27 mars 2009)


Libération - La séquestration des patrons est purement française (1 avril 2009)Libération - La séquestration des patrons est purement française (1 avril 2009)


Le Monde - L'arme de la séquestration de patrons fait débat parmi les politiques (6 avril 2009)Le Monde - L'arme de la séquestration de patrons fait débat parmi les politiques (6 avril 2009)




jeudi 12 mars 2009

Transformation de la TMA en outsourcing applicatif

source : Le MagIT
Par Dominique Raviart (NelsonHall)

A lire les chiffres du Syntec Informatique, la demande en TMA en France a cru entre 7 et 10 % pendant les trois dernières années. Les contrats signés le prouvent, la demande en TMA est restée soutenue. On se souviendra des gros contrats du type Michelin ou, il y a quelques années, de celui de Renault ou ceux plus récurrents de taille moyenne dont ArcelorMittal, CAT ou Calyon. La demande des donneurs d’ordre reste donc très soutenue… à la différence que la demande s'oriente moins vers de la TMA que vers une activité hybride de maintenance et d’intégration de systèmes.

La notion de TMA traditionnelle repose sur trois activités : la maintenance applicative, le support et les améliorations. On est donc bien dans une logique d’infogérance, c’est-à-dire de « run ». Or, au contraire, les nouveaux contrats de TMA intègrent de plus en plus la notion de projet de type développement ou intégration. La différence entre « build » et « run » tend à s'atténuer pour plusieurs raisons :

  1. Dans le cadre d'applicatifs spécifiques, la différence est parfois artificielle. Certains logiciels demandent des évolutions en permanence qui, sans être des projets nouveaux, correspondent à un changement important des fonctionnalités. On citera pour exemple les logiciels sensibles à des changements réglementaires, notamment dans les services financiers.
  2. Les donneurs d'ordre ont largement eu recours à la massification de leurs contrats de TMA. Ils ont pris l’habitude de regrouper leurs contrats existant et d'en confier la responsabilité à un nombre limité de prestataires. La logique de ces contrats est de d’obtenir des rabais en augmentant le périmètre des projets, donc les volumes. A ce titre, il est particulièrement tentant pour un client d'inclure dans son contrat de TMA un volet d'intégration qui lui permet de réduire les prix et de disposer d’équipes à l'avance. Dans le même ordre idée, l'approche adoptée par une banque néerlandaise en 2005, ABN AMRO, semble avoir fait des émules : la société avait confié sa TMA à trois SSII (indiennes en l'occurrence) et attribué un titre de « partenaire privilégié » à cinq SSII pour les projets d'intégration. Le responsable informatique avait confié à l'époque que les SSII en charge de la maintenance auraient nécessairement plus facilement accès aux projets d'intégration, au moins à ceux touchant le périmètre applicatif qui leur est confié.
  3. L’émergence de l’offshore indien en France fait apparaître une notion un peu nouvelle : celle de l’ADM (pour « application development and maintenance »). La encore, la différence entre « améliorations » et « développement » devient ténue ; historiquement, les Indiens intervenaient aux Etats-Unis sur un mode assistance technique sur site client et ne possédaient pas la responsabilité du contrat. Peu importe alors si les employés des SSII indiennes travaillaient sur un nouveau développement ou sur une maintenance préventive !

Des risques accrus à gérer.
Si, traditionnellement, on externalise la maintenance et on conserve l’intégration en interne (ou on la confie à un prestataire en mode projet), c’est bien sûr pour garder un contrôle sur les activités de « build », c’est-à-dire sur des activités de transformation par nature plus risquées – en théorie – que celles de « run », de gestion de l’existant. Cette séparation avait aussi un volet humain essentiel : celui de décharger les équipes internes des tâches les moins intéressantes pour se concentrer sur le développement.

Bref, le mélange des deux genres peut prêter à confusion d’autant que des anciennes pratiques redeviennent plus populaires, notamment celles de contrats d’outsourcing applicatif impliquant le transfert de personnel. Ce genre de contrats focalisés sur l’applicatif sont peu courants en France, mais bien plus fréquents au Royaume-Uni. Outre les risques de perte de connaissance du patrimoine applicatif, ces contrats présentent d’autres dangers dont des questions plus stratégiques, comme celle de portant sur l’importance des applications pour une entreprise. Les logiciels ont-ils vocation à être externalisés de la même manière que certaines fonctions support comme la restauration d’entreprise ?

D’une manière plus immédiate, le transfert de départements entiers implique une réorganisation en profondeur des directions informatiques pour faire évoluer l'activité opérationnelle quotidienne vers une expertise de gestion des prestataires, de respect des contrats et de développement d’une stratégie informatique en termes technologiques, d’architecture et de choix structurants (progiciels ou logiciels à façon par exemple). En outre, ces contrats font un usage grandissant de l’offshore. C’est dire s'ils risquent de provoquer de multiples dérapages en termes d’exécution.

Bref, sur un marché français qui ne sort que graduellement de l’assistance technique, il s’agit d’une vraie révolution. Le bon sens suggère donc de ne pas brûler les étapes, surtout que lesdites étapes intermédiaires sont nécessaires. Pour une bonne partie des donneurs d’ordre, la première d'entre elles consiste à évoluer du mode assistance technique au mode forfait ou développement en usine logiciel. La remarque est sans doute triviale. Mais, à bien analyser les chiffres de nos SSII nationales, une majorité des effectifs des prestataires français en intégration de systèmes restent localisés sur site. La montée en puissance des effectifs hors site est importante, mais ils demeurent une minorité. Sopra, une SSII qu'on peut considérer en France comme l’une des plus industrialisées sur les services applicatifs, donne un benchmark intéressant : 25 % seulement des effectifs français de la SSII sont situés dans des usines logicielles en France ou à l’étranger (Inde, Maroc et Espagne).

Est-ce-à-dire qu’il faut refuser les nouvelles pratiques d’intégration et de maintenance ? Certainement non. Elles sont porteuses d’améliorations sensibles en matière de qualité des logiciels, d'organisation des directions informatiques et de dépenses opérationnelles. Néanmoins, ces nouvelles pratiques comportent de nouvelles formes de risques dont tous les donneurs d’ordre n’ont pas encore mesuré toute l’étendue… Pas plus que les prestataires eux-mêmes.


mercredi 4 mars 2009

NORTEL : 5000 suppresions de postes

Nortel
Déjà mal en point, la publication des chiffres du dernier trimestre 2008, et de l'année 2008 consolidée, permet de mettre à jour un déficit de 5,8 milliard de dollars canadiens pour l'exercice 2008.

La société qui était déjà sous la protection de la loi sur les faillites, a décidé de faire un tour de vis supplémentaire sur le personnel. Une annonce de 1800 suppressions d'emplois avait déjà été faite courant janvier. Celle-ci s'accompagne de 3200 suppressions supplémentaires (ben ouuuaip ça faisait pas un compte rond pour les annonces) ...

Affaire à suivre ...

______________________________________________________________________________
En savoir plus ... :


Article de ce blog - 10 octobre 2008La Tribune - Lourdes pertes pour Nortel - 2 mars 2009


Télécharger les comptes officiels 4Q2008 Télécharger les comptes officiels 4Q2008 (en anglais)

______________________________________________________________________________

jeudi 15 janvier 2009

Conférence Externalisation, réduction des coûts

Le 18 juin 2009 - De 8h30 à 14h00 à l'Automobile Club de France - Paris 8ème.

Conférence intitulée « Transformation du système d'information ou maîtrise des coûts, comment mener au mieux l'externalisation de tout ou partie de son informatique ? »



______________________________________________________________________________
S'inscrire ... :


S'inscrire online à la conférenceS'inscrire online à la conférence


______________________________________________________________________________