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mardi 7 avril 2009

La séquestration des patrons comme arme sociale

Externalisation, outsourcing, ventes, plans sociaux, retraite dorée ont échaudé la vision qu'ont les français de leurs patrons. A tel point que l'actualité est parsemée d'incidents entre salariés et patrons momentanément 'retardés' selon les formules ampoulées des communiqués de presse des sociétés concernées. Le retard se transforme parfois en séquestration sous sa forme la plus dure : la privation de la liberté de circulation.

Ce fut le cas chez Caterpillar à Grenoble avec pour objectif de « retenir les cadres jusqu’à ce qu’ils ouvrent un comité d’entreprise » selon une déclaration faite à l’AFP par Benoît Nicolas, délégué CGT.

Pour 3M, la situation est plus radicale : «Avec lui, nous tenons notre monnaie d'échange», a déclaré François Caparros, délégué syndical FO. «Si nous le lâchons sans rien en échange, nous nous ferons rouler».

Chez Sony France dans les Landes, l'ambiance est plus décontractée, mais le patron a quand même passé une nuit dans son usine. «On aurait certainement pu économiser une nuit de séquestration, mais je suis heureux qu'on ait pu obtenir un accord sur les conditions dans lesquelles les salariés quitteront la société», a déclaré le PDG, Serge Foucher, à l'issue de la signature de l'accord.

François-Henri Pinault est resté bloqué pendant une heure dans un taxi à proximité du 164, rue de Javel (XVe arrondissement) où se tenait la réunion vers 18 heures d'un comité de groupe européen. Ce n'est que dégagé par la police qu'il a pu poursuivre son chemin.

Ce qu'on peut noter au travers de ces quelques exemples qui ne sont que des faits divers, c'est la multiplication des actions de radicalisation des conflits sociaux. Par ailleurs cette radicalisation est approuvée en silence si ce n'est appuyée ouvertement par une part grandissante de français.

Alors que les cas se multiplient, la radicalisation s'opère dans les esprits rejetant la crise comme bouc émissaire destiné à masquer des décisions plus motivées par l'appât du gain que par une gestion saine et responsable des comptes de l'entreprise. Preuve en est ce sondage effectué par CSA/LE PARISIEN/AUJOURD’HUI EN FRANCE les 1er et 2 avril 2009 où 45% des français interrogés, toutes tendances confondues, trouvent acceptable la méthode consistant à séquestrer le PDG ou les cadres dirigeants. Parmi les groupes enclin à approuver la méthode on trouve :

  • les sympathisants Modem acceptent à 49% devant les sympathisants de gauche acceptent à 48%;
  • les ouvriers acceptent à 56%, les cadres supérieurs rejettent à 59%;
  • la tranche 40/49 ans accepte à 53% alors que les jeunes de 18 à 24 ans refusent la méthode à 62%;
  • les chômeurs acceptent à 52%;
  • les personnes issues d'un niveau d'étude au BEP/CAP acceptent à 46% alors que les étudiants refusent à 59%;
  • la proximité à l'extrême gauche accepte à 58% alors qu'à l'UMP on est contre à 68%;
  • la région du Sud-Est accepte à 52%.





En savoir plus ... :

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